Le diabete chez le chien et le chat : signes, traitement et suivi

Le diabète sucré n’est pas réservé aux humains. Chiens et chats peuvent en être atteints, et la prévalence de cette maladie augmente en parallèle avec l’épidémie d’obésité animale. Bonne nouvelle : avec un diagnostic précoce et une prise en charge rigoureuse, les animaux diabétiques peuvent mener une vie de bonne qualité pendant de nombreuses années.

Diabète chez le chien vs chez le chat : des différences importantes #

Chez le chien

Le diabète du chien ressemble au diabète de type 1 humain : le pancréas ne produit plus suffisamment d’insuline, hormone indispensable pour permettre aux cellules d’utiliser le glucose. Cette forme est souvent définitive — le chien a besoin d’injections d’insuline à vie.

Les femelles non stérilisées sont particulièrement à risque : les hormones de la gestation (progestérone) peuvent antagoniser l’insuline et déclencher un diabète temporaire ou permanent. La stérilisation est donc préventive.

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Chez le chat

Le diabète du chat ressemble davantage au diabète de type 2 humain : le pancréas produit de l’insuline mais les cellules y répondent mal (insulinorésistance), souvent liée à l’obésité. Dans un tiers des cas, une perte de poids et une alimentation adaptée permettent une rémission complète — le chat n’a plus besoin d’insuline.

Les signes cliniques à reconnaître #

Les quatre signes cardinaux du diabète sont facilement reconnaissables :

  • Polydipsie : votre animal boit beaucoup plus que d’habitude. La gamelle d’eau est vide plusieurs fois par jour.
  • Polyurie : il urine en grande quantité et fréquemment. Des accidents à l’intérieur peuvent survenir chez un animal auparavant propre.
  • Polyphagie : l’appétit est augmenté, parfois franchement vorace, malgré…
  • Amaigrissement progressif : le glucose ne pouvant être utilisé comme carburant, l’organisme brûle les graisses et les muscles.

Chez le chat, une caractéristique supplémentaire est la démarche plantargrade : le chat marche sur les jarrets, les talons touchant le sol (neuropathie diabétique).

Le diagnostic #

Le diagnostic repose sur :

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  • Glycémie à jeun élevée (hyperglycémie persistante) : au-delà de 2 g/L chez le chien, 3 g/L chez le chat (le chat peut avoir une hyperglycémie transitoire par stress)
  • Glucosurie : présence de glucose dans les urines
  • Fructosamine sérique : reflet de la glycémie moyenne sur les 2 à 3 semaines précédentes — permet de différencier une hyperglycémie vraie d’un stress chez le chat

Un bilan complet (hémato-biochimie, analyse d’urine) est indispensable pour évaluer les complications éventuelles (infection urinaire, pancréatite, insuffisance rénale…).

Le traitement : insulinothérapie et alimentation #

L’insuline

La plupart des chiens et beaucoup de chats nécessitent des injections d’insuline sous-cutanée, généralement deux fois par jour, après les repas. Les aiguilles sont très fines et indolores — la plupart des animaux l’acceptent bien, et les propriétaires apprennent rapidement le geste.

Les insulines utilisées en médecine vétérinaire diffèrent de celles utilisées chez l’homme. Utilisez toujours l’insuline prescrite par votre vétérinaire et les seringues adaptées à la concentration.

L’alimentation

  • Chez le chien : alimentation régulière, en quantités fixes, aux mêmes heures que les injections. Les aliments riches en fibres aident à stabiliser la glycémie. Évitez absolument les friandises sucrées.
  • Chez le chat : alimentation pauvre en glucides, riche en protéines (idéalement une alimentation humide). Les aliments secs à forte teneur en amidon sont contre-indiqués. Une perte de poids graduelle chez un chat obèse peut conduire à la rémission.

Le suivi à domicile #

Le suivi du chien ou du chat diabétique repose sur :

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  • Contrôles vétérinaires réguliers : dosage de fructosamine, ajustement des doses d’insuline
  • Courbes glycémiques : mesures répétées de la glycémie sur une journée pour évaluer l’efficacité du traitement
  • Surveillance du poids hebdomadaire
  • Bandelettes urinaires à domicile pour détecter les épisodes d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie

L’hypoglycémie : urgence à connaître #

Un surdosage en insuline ou un repas manqué peut provoquer une hypoglycémie (taux de glucose trop bas) : tremblements, faiblesse, désorientation, convulsions, coma. Si vous observez ces signes, frottez du miel ou du sucre sur les gencives de votre animal et consultez en urgence immédiatement.

Avec une organisation familiale et un suivi rigoureux, la vie d’un animal diabétique peut être tout à fait satisfaisante. Ne vous laissez pas décourager par le diagnostic — nous sommes là pour vous guider à chaque étape.

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