La maladie de Carré, ou distemper, est l’une des maladies virales les plus redoutées en médecine vétérinaire canine. Malgré l’existence d’un vaccin efficace, elle continue de sévir, principalement chez les chiens non vaccinés ou insuffisamment protégés. Mortelle dans un cas sur deux, elle peut laisser des séquelles neurologiques irréversibles chez les survivants. Comprendre cette maladie, c’est comprendre pourquoi la vaccination reste l’acte de prévention le plus important pour votre chien.
Le virus de la maladie de Carré #
La maladie de Carré est causée par un Morbillivirus de la famille des Paramyxoviridae, proche du virus de la rougeole humaine. Très résistant dans le milieu extérieur (peut survivre plusieurs semaines dans des conditions froides et humides), il se transmet principalement par voie aérienne et par contact direct avec les sécrétions d’animaux infectés (yeux, nez, urine, selles).
Tous les canidés sont réceptifs : chien, renard, loup, furet. Le furet est d’ailleurs très sensible et peut constituer un réservoir de la maladie. Les chiens les plus exposés sont les chiots entre 3 et 6 mois (après la disparition des anticorps maternels) et les chiens non vaccinés de tout âge.
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Les phases de la maladie #
Phase initiale (1 à 2 semaines après contamination)
- Fièvre (39,5 à 41°C) avec baisse après quelques jours puis réapparition
- Abattement, anorexie
- Écoulements oculaires et nasaux séreux puis purulents
- Toux, éternuements
Phase généralisée
Le virus envahit l’ensemble de l’organisme :
- Atteinte respiratoire : bronchopneumonie sévère, difficultés respiratoires
- Atteinte digestive : vomissements intenses, diarrhée souvent hémorragique
- Atteinte cutanée : hyperkératose des coussinets et du nez (les coussinets durcissent et se fendillent — d’où l’ancien nom de « maladie des coussinets durs »)
Phase neurologique (la plus grave)
Dans 30 à 50 % des cas, le virus atteint le système nerveux central, provoquant :
- Convulsions, souvent décrites comme des « tics de mâchoire »
- Paralysies, troubles de l’équilibre
- Mouvements involontaires (myoclonies)
- Cécité, surdité
Les séquelles neurologiques, quand elles surviennent, sont souvent irréversibles même après guérison de la phase aiguë.
Le diagnostic #
Le diagnostic repose sur la combinaison :
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- Du tableau clinique caractéristique
- Des antécédents vaccinaux (chien non ou mal vacciné)
- De tests de détection du virus (PCR sur écouvillon nasal ou conjonctival, sérologie)
Le traitement : symptomatique uniquement #
Il n’existe aucun traitement antiviral spécifique contre le virus de la maladie de Carré. La prise en charge est purement symptomatique :
- Antibiotiques pour prévenir ou traiter les surinfections bactériennes
- Fluidothérapie pour compenser la déshydratation
- Anti-nauséeux, antipyrétiques
- Anticonvulsivants en cas de crises epileptiques
- Soins intensifs parfois nécessaires
Le pronostic est sombre dans les formes neurologiques. Même les chiens qui guérissent peuvent conserver des séquelles à vie.
La vaccination : seule protection efficace #
Le vaccin contre la maladie de Carré est l’un des vaccins essentiels (core vaccines) recommandés pour tous les chiens. Il est inclus dans les vaccins polyvalents CHPPIL (Carré, Hépatite, Parvovirose, Parainfluenza, Leptospirose).
Protocole habituel :
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- Primo-vaccination : 2 injections à 6-8 semaines d’intervalle, dès l’âge de 6-8 semaines
- Rappel à 1 an, puis tous les 3 ans pour les valences Carré/Hépatite/Parvovirose (durée d’immunité longue)
- Leptospirose : rappel annuel
L’immunité conférée par le vaccin est excellente et durable. Un chien correctement vacciné ne développe pas la maladie de Carré. Si votre chien n’est pas à jour de ses vaccinations, contactez-nous pour établir un protocole de rattrapage adapté à son âge et son historique vaccinal.